Hugues Meffre trône au beau milieu du Plan de Dieu
Le Domaine du Bois des Dames doit son nom aux bois de chênes verts qui couvraient autrefois une partie de ces surfaces et au fait qu’il était la propriété des « Dames religieuses » comme on les appelait - des moniales chartreuses en fait - retirées sur les hauteurs de Gigondas, au couvent de Prébayon.
Ce domaine est emblématique de la volonté qui a animé Gabriel Meffre tout au long de sa vie. Fondateur en 1936 à Gigondas de la maison de négoce qui porte son nom, cet homme volontaire, propriétaire d’une exploitation d’une dizaine d’hectares, s’est ainsi retrouvé au début des années 1980 à la tête de 800 hectares de vignes plantées dans la vallée du Rhône et en Provence.
Et une des plus importantes étapes de sa progression, c’est donc ce fameux domaine du Bois des Dames, un des plus anciens du Plan de Dieu.
« Sa mise en valeur a constitué pour lui un véritable défi, nous confie Hugues Meffre, un des petits-fils, qui a récupéré en 1990 le Bois des Dames, trois ans après le décès de son grand-père, quand les enfants du fondateur du groupe, Jacques, Christian et Sylvette, décidèrent de se recentrer sur les domaines et de se séparer de la Maison de négoce. Il lui a fallu surmonter d’une part les problèmes de plantation liés aux difficultés qu'engendraient les galets roulés pour le travail de la terre et, d’autre part, reconstituer le domaine en rachetant avec persévérance et obstination la totalité des parcelles dispersées au lendemain de la révolution de 1789 ». Les biens du couvent de Prébayon avaient en effet été confisqués et les bois vendus et il aura fallu à Gabriel Meffre une vingtaine d’années pour mener à bien cette opération à laquelle a participé son fils Jacques, le père d’Hugues Meffre.
Aujourd’hui, le Bois des Dames produit essentiellement des rouges, les blancs et les rosés n’ayant pas l’appellation Plan de Dieu. « Le rosé, nous en produisons un peu ; c‘est un autre produit mais qui est facile à faire. Nous pouvons partir d’une parcelle de rouge et nous avons le choix de faire du rosé par saignée… alors que pour le blanc, c’est toute une organisation, que nous n’avons pas actuellement, au niveau de la cave notamment ».
Il faut savoir que le Domaine du Bois des Dames n’est que la parie émergée des propriétés de la famille Hugues Meffre. Sur le Plan de Dieu, on y compte aussi le domaine de Dieumercy et le domaine de l’Abbaye de Prébayon, à Châteauneuf-du-Pape, le domaine de Valori et à Gigondas, le domaine de la Daysse et le domaine Sainte-Anne. Soit environ 200 ha de vignoble qui viennent d’être certifiés en juin dernier HVE3. « Même si nous ne sommes pas bio, nous sommes respectueux des bonnes pratiques dans un souci écologique. La Haute Valeur Environnementale, qui répond à une demande de nos clients, nous a obligés à nous poser des questions, à repenser certaines pratiques qui peut-être n’étaient pas optimales ».
La production (13 000 hl toutes appellations confondues) est vendue en quasi-totalité au négoce : « C’est quand même un domaine qui, par sa taille, occupe énormément ; rajouter une fonction commerciale demanderait une réorganisation importante, souligne Hugues Meffre aujourd’hui secondée par sa fille Aurélie. Nous sommes une petite structure que nous voulons pour l’instant conserver. Nous sommes vraiment concentrés sur notre métier de vigneron et nous préférons donc rester dans nos vignes et dans notre cave plutôt qu’aller faire des salons ».
Ce qui n’empêche pas la vente au domaine… « Certains de nos clients souhaitent avoir une mise en bouteilles au domaine. Nous en profitons pour embouteiller les quantités dont nous avons besoin, ce qui nous permet d’avoir notre propre cuvée avec notre propre étiquette Bois des Dames ». Commercialisée uniquement sur le domaine, au caveau de Gigondas et au palais des vins à Orange. On parle là de très petits volumes : environ 2 000 bouteilles par an en Plan de Dieu et 4 000 bouteilles toutes qualités confondues, sur les 5 appellations… ce qui reste très confidentiel.

